" J'étais fatigué, épuisé de devoir supporter tout ça, continua Chad. Mais quand le gosse que j'étais a réalisé que même son suicide il ne serait pas capable de le réussir, il comprit que sa seule issue était de rentrer à fond dans le jeu des autres : puisque tous ces cons ne voyaient qu'un minable en moi, ils allaient en avoir un vrai.

Perturber les cours, collectionner les rendez-vous chez le principal, dénigrer l'autorité en toute circonstance, harceler les filles, me battre avec les garçons... J'avais décidé de tout faire pour mériter réellement toutes ces insultes. L'ambiance était invivable partout où je passais. Quand j'entrais dans une pièce, on s'écartait, on se taisait puis chuchotait. Les réactions des autres n'avaient pas changé, ou peut-être bien qu'elles avaient encore gagné un degré en colère, mais dans cette histoire, c'est moi qui avait changé le plus.
Au fur et à mesure que le temps passait, je prenait toujours plus de plaisir à semer la zizanie, et je me suis vite laissé emporter, car c'était un plaisir malsain. Plus les gens enrageaient, s'énervaient, pleuraient, plus j'en rajoutais et m'amusais, et tout le monde, neutre ou non, en prenait pour son grade. J'ai donc fini par haïr les gens autant qu'eux me haïssaient...

simorette
jeu 21 aoû 2008 16:23