Plusieurs secondes de silence et d'hésitation furent encore nécessaires à Jude Carter avant que sa main ne se tende vers celle de Milo. Une fois qu'il eut réussit à la stabiliser à sa hauteur, il reprit la serviette pour l'enrouler autour de sa chevelure de bronze encore humidifiée par l'eau de pluie.
" Tu es encore trempée et tu grelottes. Je ne peux pas te laisser comme ça " expliqua-t-il.
Cette justification était-elle nécessaire? Milo ne le pensait pas car la pauvre Jude était en dehors des réalités, complètement amorphe. Son corps avait suivi la volonté de Milo seulement parce qu'il avait enfin été libéré des barreaux d'acier érigés par son cerveau, et son regard vitreux et sans vie finissait de compléter cette image de poupée désarticulée. Pourtant Milo l'avait prévenu de ses gestes : il restait poli, calme et attentionné avec elle, sans aucune autre volonté que de lui faire du bien, de s'occuper d'elle pendant cette période où elle serait incapable de le faire convenablement elle-même.
Il continuait de lui sécher les cheveux avec ce petit froncement de sourcils qu'avaient fait naître son sérieux et sa concentration. Même si ses gestes de garçon empêtré avec cette tignasse étaient parfois maladroits, il avait la volonté de bien faire. Il fit progressivement descendre la serviette au niveau du front de Jude, puis de son nez, ses joues, sa nuque, le haut de sa poitrine... C'est l'hésitation à continuer plus loin qui le stoppa dans sa tâche; cela exigeait qu'il débarrasse Jude de ses vêtements mouillés.
Il était hors de question pour lui d'entreprendre quoi que ce soit sans avoir l'accord de Jude; par respect pour elle, mais sans doute par pudeur aussi. Mais il fut pourtant obliger d'agir sans indication puisqu'une fois encore, ses paroles pour Jude furent réduites à un simple monologue.

simorette
mar 07 jui 2009 18:01